Sortir du confinement tout en restant avec soi, j’ai essayé et je n’ai pas réussis.. et pourtant…

Le confinement est propice la découvrir de soi. Il permet un cadre différent qui peut être propice à l’introspection. Certains apprécieront, d’autres pas. Chacun le vivra différemment, plus ou moins intensément, mais tous tel que nous le devons.

C’était il y a 10 ans et mon confinement avait été une expérience enrichissante. Je n’avais jamais autant écrit, peint ou dessiné. Les mots me venaient instinctivement, j’appréciais cette rencontre avec moi-même et la créativité qui en découlait. J’étais proche de mon ressenti, mon intuition me guidait, à certains moments mon intuition m’a littéralement sauvée. Je me sentais vivant, entier et proche de mon Être. Un très beau sentiment. C’était il y a 10 ans, c’était lorsque je travaillais en Afghanistan pour le CICR.

Le contexte était bien différent d’aujourd’hui et là n’est pas le sujet, c’est surtout mon expérience de l’après que j’aimerais partager.

Je me réjouissais de sortir de cet enfermement, de revivre « normalement ». Et pourtant sortir a été plus compliqué que d’y entrer. J’ai cherché à reprendre mes habitudes. Avec du recul, je pense que j’ai lutté pour. J’ai lutté pour à nouveau sortir, aller au restaurant revenir à ce normal dans lequel nous vivions, ce normal dicté par mes croyances et les attentes que je sentais. Je n’étais pas à l’aise. Des tensions étaient présentes en moi, je guettais ce qu’il se passait, toujours à l’affut j’observais l’extérieur. Je sentais un tiraillement, une incohérence, quelque chose ne jouait pas.

Et je me suis réhabitué à être dehors, je dirais qu’il m’a fallu deux ans pour cela. Et dans ces deux années, je me suis aussi éloigné de mon intérieur. Le tiraillement venait de là, je luttais pour revenir comme avant alors que mon intérieur me disait que justement ma juste place était là, maintenant. Pas avant. Mon tiraillement venait du fait de refouler ce que j’avais appris sur moi, mon intuition, ce qui me guidait.

À vouloir revenir comme avant, faire comme avant, être comme je pensais qu’avant je devais être, j’ai oublié ce que j’avais appris sur moi, j’ai laissé de côté ma créativité et je me suis séparé de l’essentiel. Je me suis éloigné de cette essence qu’en confinement j’avais goutée, cet état d’être que j’avais apprivoisé. Je pense que je me suis perdu à trop vouloir revenir « comme avant » et que pendant deux ans la partie de moi qui avait osé se montrer en confinement a lutté, puis elle s’est mise de côté, comme dans un rendez-vous manqué.

Là maintenant, j’aimerais vous parler de mon espoir. J’aimerais vous dire que le confinement est un moment dans le cheminement de la vie et qu’il permet de s’observer sous un autre angle. Qu’on l’apprécie ou non, il fait partie de nous et de notre vie.

Alors, profitez de ce que vous avez trouvé et goutez. Osez être à l’écoute et fier de ces nouveaux sentiments que vous avez expérimentés, de ces parties de vous que vous avez découvertes et surtout, ne fait pas comme avant.

Continuez votre route fort de ce que vous avez vécu. Un peu plus entier, un peu plus juste avec qui vous êtes et continuez chaque instant à apporter ce que vous avez offrir à ce monde.

 

– Baptiste

 Dessin: Gérard Pfeiffer 1997